Ce billet est un peu à part d'un point de vue « immo » mais en lien direct avec ce sujet évoqué par Seb Musset.
J'ai une maison, un jardin mais pas de jardinier. Comprenez par là que la plus grande surface de mon bien immobilier est aussi ma pire ennemie, celle que je n'ose même plus regarder en rentrant le soir. Ma tondeuse, je la hais, elle pue, elle fait du bruit, mes haies sont immenses, je dois les tailler toutes une fois par an car c'est ma responsabilité vis-à-vis des voisins...etc.
Je me suis rendu compte à quel point le truc autour de la maison avait si peu d'importance pour moi il y a peu lorsque j'ai réalisé que je n'avais même pas de tenue appropriée, pas de bottes, pas de cotte, mais une pauvre pelle dont le manche en bois avait pourri tout au long des années avec la maison avant que je n'y habite. Soyons clairs, pour moi le jardin sert uniquement à délimiter mon espace de vie par rapport à celui de mes voisins. Plus il est grand et plus je suis loin physiquement des autres mais plus il est loin et plus j'ai envie de goudronner à tout va.
Le jardin est un sale bouffeur de temps,
J'ai décidé de rendre hommage ce soir, mais pas à MJ, à HBC (Remember : Henry Buzy-Cazaux qui dénonçait les indices Fnaim avant de se faire évincer) histoire de bien introduire le sujet et rappeler à certains la valeur des indices... Ainsi, les prix de l'immobilier ont augmenté, ce deuxième trimestre et selon la Fnaim (notez le "selon"), de 3,9 % par rapport au premier trimestre 2009 (avec une base de donnée qui a fondu de 15 000 à 6 000 données en moins de deux ans).
C'est bien la seule chose qui augmente car pour le reste c'est la misère... Sur un an (juillet 2008 à juin 2009), par rapport aux 12 mois précédents, la baisse est de 7,3% (-8% pour les appartements, -7,0% pour les maisons) malgré un léger rebond lors de ce dernier trimestre. René Pallincourt fait état d'une baisse "de 30%" des transactions entre septembre 2008 et juillet 2009.
Vidéo à la suite. D'habitude on répond à mes billets dans les commentaires... Mais Seb Musset, lui, met en ligne sa réponse sur le bricolage en vidéo sur Dailymotion. Et comme il sait que je surveille les sites vidéos, la boucle est bouclée, je lui répond en publiant sa vidéo sur le blog. Bizarre, on s'est pourtant jamais rencontrés...
J'ajoute, pour finir, que certains passages sont vraiment très drôles (fort en provoc' le gars Musset !).
La chute des ventes de logements neufs a été enrayée en avril grâce aux mesures fiscales. Les ventes de logements neufs ont en effet enregistré un bond de 69% au premier trimestre par rapport au trimestre précédent, ce qui représentent tout de même 10 000 logements en plus sur un total de 25 000. Christine Boutin s'est félicité de "constater les effets positifs de la mise en oeuvre du plan de relance" dû "aux effets conjugués du doublement du prêt à taux zéro (PTZ), du Pass-Foncier (les maisons et appartements à 15 euros par jour, ndlr) et de l'entrée en vigueur du nouveau dispositif fiscal Scellier ".
La chute du nombre de logements neufs vendus en Ile-de-France, au cours du premier trimestre 2009, est extrêmement violente : - 42 % par rapport au même trimestre l'an passé. Ajoutez à cela le fait que les logements anciens, intra-muros, suivent la même tendance avec un spectaculaire - 38 %. Dans les couronnes (la grande et la petite) les volumes des ventes de maisons vont jusqu'à baisser de 47 %. Dans ce secteur géographique, les vendeurs sont obligés de revoir leurs prétentions à la baisse avec des prix de - 15 à -30 % pour que la négociation aboutisse. La baisse des prix, en Ile-de-France, devrait tourner aux alentours de 10 % selon les notaires.
Vous avez un bien à vendre et vous souhaitez vous en débarrasser le plus vite, le plus cher possible. Vu qu'avec l'agence A cela n'a pas marché (des touristes vous en avez vu, des propositions par contre...), vous essayez l'agence B (résultat : des offres inacceptables), vous essayez également avec l'agence C, et plus si affinités... En dehors du fait que votre balcon/façade risque de se parer de multiples cartons de toutes les couleurs, le message subliminal qui risque de trotter très vite dans la tête d'un acheteur un peu plus perspicace que la moyenne c'est que vous êtes en difficulté : votre bien ne plait pas, ou est trop cher et cela fait longtemps que vous cherchez à vendre.
Cette vidéo se veut à la fois sérieuse et drôle pour expliquer ce qu'est le marché immobilier, mais c'est raté dans les deux sens... Étrange, tellement étrange que cela laisse une impression... étrange justement. Il y en a qui se fatiguent pour pas grand chose !
Suite du sondage... Alors oui, j'ai été, comme beaucoup, surpris par les réponses si positives concernant l'apport. En clair, et c'est tant mieux pour eux (vous), il y en a qui, avec les quelques centaines de milliers d'euros bien placés, doivent se sentir très à l'abri dans le climat actuel. Fruit d'un dur labeur, d'un héritage (qu'on préfèrerait souvent échanger pour retrouver les êtres chers), don de leur vivant des parents, française des jeux et que sais-je encore, l'apport de certains permet d'acheter le logement rêvé de l'autre. Pourquoi de tels montants ? Je pense que les réponses comportent un biais : concrètement, il est plus facile, et valorisant, de s'exprimer pour écrire sur un blog que l'on a de l'argent, plutôt que d'écrire que l'on en a pas.
Bref, ceux qui ont beaucoup ont sans doute plus de facilité que ceux qui n'en n'ont pas à l'écrire. Mais alors, « pourquoi n'achètent-ils pas ? » me demanda ma compagne lors du repas (oui, on parle immobilier à table, que voulez-vous...).
Le marché du logement neuf est soutenu actuellement par les mesures gouvernementales que sont le doublement du PTZ et l'incitation fiscale Scelier. Les primo-accédants plus nombreux qu'en 2008 (qui contredit l'idée que le marché baisse du fait de la disparition de cette catégorie) et les investisseurs sont la bouée de sauvetage du marché immobilier. Un marché immobilier de biens neufs à prix peu élevés s'entend, car en ce qui concerne les second-accédants (ceux qui revendent pour racheter), faute de crédit-relais disponible, c'est le désert.
C'est pourtant la bonne période pour acheter, les baisses de prix sont conséquentes, les professionnels du secteur ont besoin de vendre, l'état ajoute des primes pour inciter les acheteurs à se décider et pourtant rien n'y fait, le marché (automobile - immobilier : rayez la mention inutile) est grippé. Destins parallèles, ces deux secteurs sous perfusion souffrent en même temps et sont révélateurs d'un mal économique profond. Ce qui se vend dans l'automobile, ce sont les petits véhicules, ce qui se vend en immobilier ce sont les biens à moins de 200 000 euros.



