Combien de logements construits dans la précipitation ces dernières années ? Combien de chantiers bâclés parce qu'il y en avait d'autres à commencer et que l'on ne savait plus où donner de la tête ? Combien de chantiers abandonnés depuis par faute de financement des entreprises ? Et combien de logements livrés sur lesquels les promoteurs - artisans ont rogné en qualité pour gratter le peu qu'il y avait à gratter financièrement parlant ? Problème, l'immobilier c'est l'affaire, entre guillemets, d'une vie, l'investissement capital... Quand ce capital commence déjà à s'effriter au bout de quelques années, on ne comprend pas de suite et puis on angoisse.
Robien m'a tuer ! L'association de consommateurs s'alarme de dérives dans l'investissement immobilier locatif suite à de nombreux signalements de particuliers qui s'estiment victimes d'abus de la part de promoteurs. L'UFC dénonce les promoteurs qui construisent à tour de bras, n'importe où, sans se préoccuper des besoins locatifs locaux et qui mettent ainsi en danger de nombreux investisseurs incapables de trouver un locataire et donc incapables de rembourser leur emprunt. Entre 2003 et 2007, 350 000 logements ont ainsi bénéficié du régime
Robien ou Borloo mais une part non négligeable n'aurait pas trouvé de locataires.
Le marché du logement neuf est soutenu actuellement par les mesures gouvernementales que sont le doublement du PTZ et l'incitation fiscale Scelier. Les primo-accédants plus nombreux qu'en 2008 (qui contredit l'idée que le marché baisse du fait de la disparition de cette catégorie) et les investisseurs sont la bouée de sauvetage du marché immobilier. Un marché immobilier de biens neufs à prix peu élevés s'entend, car en ce qui concerne les second-accédants (ceux qui revendent pour racheter), faute de crédit-relais disponible, c'est le désert.
HSBC constate que la répartition géographique de l'offre de logements neufs a tendance à être peu adaptée à la demande de logements dans la crise actuelle. L'histoire étant, comme chacun le sait, un éternel recommencement, cette constatation se vérifiait déjà au début de la crise début 1990 et, aux mêmes maux les mêmes problèmes (c'est de moi), il apparaît que "le critère du prix ne permet pas un retour à l'équilibre" et que les biens anciens vont souffrir de cette suroffre du neuf. Au fait, il manque combien de logements en France actuellement ?
"Christophe bonjour, je suis en train de réaliser un reportage de 52 minutes sur la crise
immobilière pour France 5. Je consulte régulièrement votre blog. Bravo
pour votre ton et les infos que vous y mettez. Je vous contacte en
pensant que vous pourrez peut-être m'aider car vous avez l'air d'être
une bonne vigie du secteur immobilier." Etc..Etc..
Bon alors, j'avoue tout de suite que je n'ai pas aidé énormément Isabelle Doumenc, la réalisatrice de ce documentaire de 52 minutes (j'étais complètement débordé, comme souvent d'ailleurs, par mes différentes activités et je ne lui ai envoyé qu'un pauvre lien qui "collait" avec son sujet) mais en tout cas, cela m'a fait plaisir de voir que les blogs servent parfois aux journalistes. Je serais devant ma télé et sur France 5, ce dimanche soir, à 20h35. Autant dire que le programme a l'air d'être plus qu'alléchant (voir à la suite du message) et que je vous invite bien-sûr à venir commenter le documentaire à la suite de ce billet.
Je me fais le relais d'une information du collectif de la Madeleine. Bravo à eux pour cette belle victoire car il fallu s'accrocher...
"Vous avez suivi pour le Blog Immobilier les déboires vécus par
les clients Bouygues Immobilier au Hameau de la Madeleine à Chelles.
Demain, vendredi 27 mars, les derniers logements (sur 75 que comptent le programme) seront enfin livrés mettant fin à un chantier rocambolesque avec près de douze mois de retard et des rebondissements en tout genre (arrêt de chantier par l’inspection du travail, liquidation entreprise de gros œuvre, défaillance de la seconde entreprise de gros œuvre, sanction pour insalubrité …).
J'en avais déjà parlé ici et là : la société avait été placée en liquidation judiciaire en août dernier et le promoteur mis en examen ce mercredi pour abus de confiance, escroquerie et
banqueroute et a été écroué (rien que ça).
A noter qu'Antoine Brun, dirigeant de la SARL Brun Habitat, conteste la "qualification pénale" des faits...
Sur ce blog, nous vous avons fait suivre au fur et à mesure les déboires de ce promoteur breton depuis deux ans. Le groupe BC Partners, détenue par le promoteur Pierreval Investissement (Poitiers) et trois ex-cadres de Céléos, reprend Céléos. Il faut savoir qu'il n'y avait pas foule pour reprendre la "bête" : seuls deux candidats s'étaient manifestés depuis le redressement judiciaire du 3 septembre.
Les repreneurs ont annoncé leur intention de conserver 75 salariés et de poursuivre 87% des programmes immobiliers en cours. 110 licenciements sont hélas planifiés. À noter que l'autre proposition de reprise émanait d'une société domiciliée aux Iles Vierges britanniques, la Newbridge holding capital ltd, qui promettait la conservation de 108 emplois et la poursuite de la totalité des programmes immobiliers en cours.
A l'époque où les vendeurs en "De Robien" se faisaient des parties intimes en or massif et où, même celui qui n'était pas imposable rêvait d'investir en "De Robien" parce qu'il fallait investir dans l'immobilier, nombre d'apprentis investisseurs se sont fait fourguer des produits loin, très loin de chez eux. La règle était, en gros, de vendre un investissement locatif situé à au moins 500 km du lieu d'habitation de l'heureux investisseur histoire qu'il ne vienne ni constater la relative qualité de la construction ni connaître l'état du marché locatif où il allait investir afin qu'il ne change pas d'avis.


