C'est avec ce genre de phrase excellentissime, lâchée en pleine presse locale, que le vendeur qui attend désespérément de trouver un acheteur depuis de nombreux mois (années ?) se rassurera et décidera de s'accrocher à la seule branche qui lui reste, l'attente continue, parce qu'un notaire local qui est du métier depuis l'arrivée au pouvoir de Giscard affirme que les crises immobilières ne durent pas. Je n'ai pas envie d'aller rechercher les chiffres qui prouvent à quel point la dernière crise immobilière a duré largement plus loin que 93 et a démarré plus tôt d'ailleurs (7 ans au total environ).
La Fédération Nationale des Agents Immobiliers s'est insurgée contre la rapport de l'avocat Jean-Michel Darrois, remis au président de la république et qui porte sur un rapprochement des professions d'avocat et de notaire. Pour faire simple, ce rapport préconise la création d'un nouveau type de document juridique contractuel, « l’acte sous signature juridique », à mi-chemin entre l’acte sous-seing privé et l’acte authentique signé chez un notaire, et « ayant plus de force probatoire que le premier et moins que le second ».
Pour la Fnaim, les avant-contrats de vente (compromis de vente ou promesse de vente) et les baux sont sans coût pour les vendeurs et les acquéreurs et suffisent à assurer la sécurité juridique des transactions et des rapports locatifs.
« Une chose est sûr, ça n'augmentera pas. Mais ça ne devrait pas baisser non plus » dixit un notaire de Laval. C'est à la lecture de ce genre de déclarations que l'on se rend compte à quel point les professionnels de l'immobilier naviguent à vue et sont incapables de prévoir la tendance pour les mois à venir. En fait si, ils savent, mais ils ne peuvent pas le dire haut et fort, en tout cas pas tous, que le marché va continuer à baisser et que donc, rien ne sert d'acheter de suite si l'on est pas pressé, les meilleurs affaires sont à venir.
Merci à Revax qui a signalé, pendant mes vacances, cette vidéo. Du beau travail de journaliste : clair, concis et un peu alarmiste aussi ("les Français ont peur") mais tout y est et on se frotte les yeux tellement ce sujet, avec ce ton, était impensable il y a encore peu... Vous pouvez compléter avec cet article de l'Expansion qui reprend les dernières statistiques (je sais, ça date du 7, mais le wifi dans le camping, c'est tout sauf l'idéal...).
À La Baule (qu'est que c'est moche le béton), l'un des plus gros offices notariaux de Loire-Atlantique (44 salariés) a dû licencier huit personnes. Le Conseil Supérieur du Notariat (CSN) observe l'explosion du nombre de licenciements économiques des collaborateurs de notaires depuis fin 2008 sans oublier les non- renouvellements de CDD et les retraités non remplacés...
Sans rentrer dans les chiffres, disons que la profession s'est pas mal étoffée d'un point de vue effectif ces dernières années en raison du boom du marché immobilier. Nous sommes en période de resserrage (NDLR : des fesses : désolé...) et il est normal qu'avec un rythme de vente moins soutenu que par le passé, ce soit le "trop plein" niveau effectif. Nous n'en sommes donc pas à la liquidation des études notariales pour l'instant. Hélas, comme bien souvent, ce sont les moins biens lotis qui dégagent en premier, et cela tombe mal puisque le CSN n' a pas signé l'accord de branche sur le chômage partiel...
Tout semble aller pour le mieux à Nice ! La preuve en est ce notaire qui pousse son coup de gueule contre beaucoup de monde. Il faut dire qu'il n'est pas n'importe qui puisque c'est le représentant des notaires azuréens...
Ainsi, selon lui, 20 à 30 des effectifs dans les cabinets vont disparaître (remarquez que ce pourcentage annoncé est le même dans les agences immobilières) ainsi que des cabinets (non chiffré cette fois). La faute à une surpopulation chez les notaires, qui ont eux aussi surfé sur la vague immobilière. Le nombre de cabinets a explosé ces dix dernières années, de moins d'une centaine à 250... Et forcément le marché se contracte, et c'est grave, et patati et patata...
Ce monsieur a une solution absolument géniale pour résoudre le problème et c'est vrai qu'à le lire je me demande comment les plus grands économistes et spécialistes du gouvernement, ainsi que les ministres qui sont intelligents (si !) n'y ont pas pensé eux-mêmes.
...et depuis, plus rien. Voici un billet que j'aurai également pu appeler : "Ne faites pas toujours confiance à votre notaire". En effet, ce placement avec des économies de toute une vie, était commercialisé par un office notarial de Hazebrouck. "Quelques jours avant l'arrêt du chantier, le notaire me pressait de verser de l'argent" dixit cet arnaqué. Je n'ai pas tous les éléments pour expliquer cette situation, il semble d'après les deux articles dont je dispose qu'un mauvais choix d'architecte et des sociétés soit à l'origine de ce drame. Onze maisons, dix-huit appartements et vingt et un garages devaient, à l'origine, sortir de terre et être livrées. Au final, la seule chose à avoir vu le jour c'est l'association des propriétaires du Domaine de la Vigne, constituée pour défendre les
intérêts d'une trentaine de personnes flouées, fêtant ce mois-ci sa
quatrième année d'existence.
2 vidéos à la suite de ce billet. Henry Buzy Cazaux de la Fnaim en parlait hier soir sur Capital (M6), la ville d'Angers et ses communes environnantes font partie des zones où la baisse des prix va se faire plus particulièrement sentir. Depuis un an, les prix ont baissé de 10 à 15 % selon la Fnaim locale et la chute du volume a fait le reste. Les acheteurs prennent leur temps, les primo-accédants se font rare et l'interview de l'A.I., en fin de première vidéo, insistant sur le caractère anormal de la croissance locale des prix, durant ces dernières années, (liés à la croissance du marché national) et sur le retour à la normale désormais évidente, nous démontre à quel point le marché angevin décroît rapidement. Angers avait démarré vite sa hausse des prix, elle a désormais démarré vite sa baisse, un peu en avance par rapport à d'autres grandes villes hexagonales.
Notaires suite. Le titre de ce billet est extrait d'un article de 20.minutes et autant dire que cette phrase est extrêmement ambiguë. Elle révèle d'une part que ce notaire girondin avait parfaitement conscience qu'il vendait de la daube (c'est toujours mieux d'écrire "daube" que le mot en cinq lettres qui commence par m) à des pigeons (accessoirement, il en avait honte) mais d'autre part, elle montre aussi que le tabou est tombé.
Me Jean-Marie Montazeaud, président de la commission de conjoncture des notaires d'Ile-de-France en appel aux vendeurs, les incitant à baisser les prix pour permettre la réalisation des transactions. Parce qu'un un marché sans transaction, c'est un marché où les notaires ne gagnent pas d'argent (moins d'argent en fait), voici un conseil super top pratique : "Si vous êtes vendeur et que vous devez supporter un crédit relais, n'hésitez pas à accepter une offre, même revue à la baisse, pour stopper vos intérêts." Pas bête, non ? La suite n'est pas mal non plus :




