Combien de logements construits dans la précipitation ces dernières années ? Combien de chantiers bâclés parce qu'il y en avait d'autres à commencer et que l'on ne savait plus où donner de la tête ? Combien de chantiers abandonnés depuis par faute de financement des entreprises ? Et combien de logements livrés sur lesquels les promoteurs - artisans ont rogné en qualité pour gratter le peu qu'il y avait à gratter financièrement parlant ? Problème, l'immobilier c'est l'affaire, entre guillemets, d'une vie, l'investissement capital... Quand ce capital commence déjà à s'effriter au bout de quelques années, on ne comprend pas de suite et puis on angoisse.
J'en avais déjà parlé ici. Il semble que Jocelyne et son amie aient fait chou blanc à l'occasion du vide grenier organisé dans leur commune. 250 personnes (qui ne font pas 250 acquéreurs) se sont présentées pour visiter le bien en vente.
Une semaine plus tard, la vendeuse interviewée dans la presse locale (Le Courrier de l'Ouest) affirmera avoir eu 5 "touches", c’est-à-dire pas grand chose malgré la médiatisation de cette vente et se préparer à d'autres idées pour vendre enfin sa maison.
Merci à Revax qui a signalé, pendant mes vacances, cette vidéo. Du beau travail de journaliste : clair, concis et un peu alarmiste aussi ("les Français ont peur") mais tout y est et on se frotte les yeux tellement ce sujet, avec ce ton, était impensable il y a encore peu... Vous pouvez compléter avec cet article de l'Expansion qui reprend les dernières statistiques (je sais, ça date du 7, mais le wifi dans le camping, c'est tout sauf l'idéal...).
"Christophe bonjour, je suis en train de réaliser un reportage de 52 minutes sur la crise
immobilière pour France 5. Je consulte régulièrement votre blog. Bravo
pour votre ton et les infos que vous y mettez. Je vous contacte en
pensant que vous pourrez peut-être m'aider car vous avez l'air d'être
une bonne vigie du secteur immobilier." Etc..Etc..
Bon alors, j'avoue tout de suite que je n'ai pas aidé énormément Isabelle Doumenc, la réalisatrice de ce documentaire de 52 minutes (j'étais complètement débordé, comme souvent d'ailleurs, par mes différentes activités et je ne lui ai envoyé qu'un pauvre lien qui "collait" avec son sujet) mais en tout cas, cela m'a fait plaisir de voir que les blogs servent parfois aux journalistes. Je serais devant ma télé et sur France 5, ce dimanche soir, à 20h35. Autant dire que le programme a l'air d'être plus qu'alléchant (voir à la suite du message) et que je vous invite bien-sûr à venir commenter le documentaire à la suite de ce billet.
Je ne vous oblige pas la vision de ces 4 minutes d'argumentaires, mais reconnaissons tout de même que ce jeune A.I. a révisé sa géographie histoire de faire (ou tenter - je suis sceptique) penser qu'il maîtrise la Bulgarie attitude. Son argument principal est imparable : vu que la Bulgarie c'est actuellement ce qu'il y a de moins cher, il y a forcément des affaires à faire...
Mouais, n'oublions pas que l'ami bulgare est le plus propriétaire de tous (87 % de propriétaires de mémoire) parce que le locatif n'existe pas encore, faute de développement économique, et que si vous venez à croire en l'avenir bulgare, faut-il encore vous faire prêter les sous. Déjà que pour un bien en France certains ont du mal, alors j'ose imaginer la tête du banquier en entendant "Bulgarie"....
René Pallincourt s'étant rendu à la Fnaim du Pays Basque pour tenir une conférence de presse sur l'état actuel du marché local, quelques informations intéressantes ont filtré. Tout comme dans ce précédent billet, le marché s'est effondré en volume de 50 %, mais le plus intéressant est au niveau du prix de vente.
Si Sud Ouest titre "De 10 à 20 % de baisse" (ndlr : des prix), il s'agit de la baisse des prix affichés car "souvent négociés ensuite encore à la baisse" dixit ce même journal. En clair, l'affichage baisse beaucoup et derrière cela négocie encore,
Vidéo à la suite. Si vous voulez voir des propriétaires en galère, c'est par ici que cela se passe. Des promoteurs en faillites, des logements inhabitables, deux ans de retard, toujours rien et si peu d'espoir, voici ce qui vous attend. Et le pire, c'est d'être obligé de rester habiter chez ses parents (désolé, mais je m'imaginais à la place d'un malheureux propriétaire de cet immeuble).
Comme toujours lorsqu'un A.I. se fait interviewer dans un journal local et verse un peu trop dans le catastrophisme, on peut aisément conclure que l'on a affaire à un pseudo A.I., du genre arrivé il y a quelques années en plein boum et qui se vautre en direct live. Je préviens à l'avance car il serait trop facile de mettre en avant cette interview des Echos sur la région de Lille en affirmant que si un A.I. le dit dans ce journal plus que recommandable, alors c'est forcément vrai. Cet A.I., donc, n'y va pas de main morte dans le genre phrases cultes : " Le marché est presque mort " - " Mon activité a chuté de 50 % ! "- " Il ne reste que ceux qui ont un besoin urgent de se loger et ceux qui ont de l'argent.
Le projet de loi dit de "mobilisation pour le logement" commence à se faire attendre un peu trop, l'examen du projet étant décalé à Janvier au lieu d'hier (en fait fin décembre). Résultat, les mesures annoncées pour relancer l'immobilier vont connaitre un retard fâcheux pour les promoteurs qui voulaient profiter de la possibilité de se faire racheter, par les sociétés HLM, leurs stocks d'invendus ou en cours de réalisation. Vous allez voir que tous les éléments incitent les potentiels acheteurs à attendre encore plus jusqu'à les décourager : Nicolas Sarkozy s'était engagé à ce que 60 000 logements sociaux rentrent dans ce cadre. Hélas, le cadre juridique pose problème :
Vidéo à la suite. Faute de clients, les promoteurs se retrouvent coincés avec des logements en voie d'achèvement. Les promoteurs négocient donc avec les sociétés HLM sauf que... Les sociétés HLM, elles aussi, attendent les soldes et ne se pressent pas. Quant à l'exemple de Sarcelles et cet immeuble qui se transformerait encore en logement social alors que la commune en déborde... On imagine ce pauvre immeuble, mal construit, mal fini et à l'abandon pour longtemps. Il faut construire, certes, le problème c'est que certains le font n'importe comment !



