800px-Oradour-sur-Glane-Hardware-1342 "Christophe bonjour, je suis en train de réaliser un reportage de 52 minutes sur la crise immobilière pour France 5. Je consulte régulièrement votre blog. Bravo pour votre ton et les infos que vous y mettez. Je vous contacte en pensant que vous pourrez peut-être m'aider car vous avez l'air d'être une bonne vigie du secteur immobilier." Etc..Etc..

Bon alors, j'avoue tout de suite que je n'ai pas aidé énormément Isabelle Doumenc, la réalisatrice de ce documentaire de 52 minutes (j'étais complètement débordé, comme souvent d'ailleurs,  par mes différentes activités et je ne lui ai envoyé qu'un pauvre lien qui "collait" avec son sujet) mais en tout cas, cela m'a fait plaisir de voir que les blogs servent parfois aux journalistes. Je serais devant ma télé et sur France 5, ce dimanche soir, à 20h35. Autant dire que le programme a l'air d'être plus qu'alléchant (voir à la suite du message) et que je vous invite bien-sûr à venir commenter le documentaire à la suite de ce billet.

9782842054908fs À La Baule (qu'est que c'est moche le béton), l'un des plus gros offices notariaux de Loire-Atlantique (44 salariés) a dû licencier huit personnes. Le Conseil Supérieur du Notariat (CSN) observe l'explosion du nombre de licenciements économiques des collaborateurs de notaires depuis fin 2008 sans oublier les non- renouvellements de CDD et les retraités non remplacés...

Sans rentrer dans les chiffres, disons que la profession s'est pas mal étoffée d'un point de vue effectif ces dernières années en raison du boom du marché immobilier. Nous sommes en période de resserrage (NDLR : des fesses : désolé...) et il est normal qu'avec un rythme de vente moins soutenu que par le passé, ce soit le "trop plein" niveau effectif. Nous n'en sommes donc pas à la liquidation des études notariales pour l'instant. Hélas, comme bien souvent, ce sont les moins biens lotis qui dégagent en premier, et cela tombe mal puisque le CSN n' a pas signé l'accord de branche sur le chômage partiel...

Lost_s3_spotlight On a appris aujourd'hui que la caisse Crédit Mutuel de Strasbourg n'a pas enregistré une seule demande de prêts depuis novembre 2008. C'est tout simplement incroyable et cela nous montre à quel point les marchés immobiliers sont différents dans l'hexagone et à quel point il vaut mieux ne pas généraliser en ne tenant compte que d'une situation.

Pendant ce temps-là, Michel Mouillard en remet une couche (on va l'embaucher pour écrire sur le blog si ça continue) car la demande de biens immobiliers s'est « effondrée les deux premiers mois de l'année », dit-il lui-même.

Cet article de Ouest France qui nous résume que les français ont peur d'acheter et reportent leur achat malgré des conditions d'emprunt qui s'améliorent et une offre plus qu'abondante est dans l'air du temps.

J'ai jeté un oeil ce soir à France 2 sur les travailleurs précaires, ça m'a cassé le moral comme il fallait. Je ne suis pas dans la situation des "personnages", terme qui m'a choqué lors du retour sur le plateau d'ES, mais j'ai conscience de ne jamais pouvoir-devoir me plaindre.

Boueesauvetageaquatique Sur ce blog, nous vous avons fait suivre au fur et à mesure les déboires de ce promoteur breton depuis deux ans. Le groupe BC Partners, détenue par le promoteur Pierreval Investissement (Poitiers) et trois ex-cadres de Céléos, reprend Céléos. Il faut savoir qu'il n'y avait pas foule pour reprendre la "bête" : seuls deux candidats s'étaient manifestés depuis le redressement judiciaire du 3 septembre.

Les repreneurs ont annoncé leur intention de conserver 75 salariés et de poursuivre 87% des programmes immobiliers en cours. 110 licenciements sont hélas planifiés. À noter que l'autre proposition de reprise émanait d'une société domiciliée aux Iles Vierges britanniques, la Newbridge holding capital ltd, qui promettait la conservation de 108 emplois et la poursuite de la totalité des programmes immobiliers en cours.

Seattleshantytown Quelques photos. Une image vaut 10 000 mots. Des automobiles à perte de vue.
On peut aussi voir la variante actuelle des hoovervilles.
Réminiscences, elles mêmes, des "shantytown" qui suivirent la guerre civile américaine.

Laval Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.
Par certains côtés, Deubeuliou surclassait déjà tous les dirigeants européens (et japonais).
Maintenant, c'est au tour de Roubini de s'inquiéter de leur inconsistance et leur bêtise :
"Au quatrième trimestre 2008, le produit intérieur brut a chuté de près de 6% aux États-Unis, 6% dans la zone euro, 8% en Allemagne, 12% au Japon, 16% à Singapour et 20% en Corée du Sud. La situation est donc encore plus terrible en Europe et en Asie qu’aux États-Unis. "
Mais dans ce constat de base, c'est la réaction des autorités qui fait défaut :
"La relance monétaire et fiscale devient de plus en plus agressive aux États-Unis et en Chine, mais l’est de moins en moins dans la zone euro et au Japon, où les décideurs sont comme pétrifiés et restent à la traîne. "

Squelette Pendant que certains parlent de crise en "L", Warren Buffet, lui, parle d'économie "tombée dans le vide", mais qu'elle "finira par se reprendre", au risque d'une inflation.
Les pays émergents devraient se trouver dans une situation difficile : d'une part, le retour à l'équilibre des balances extérieures des pays très déficitaires, les flux de capitaux vont se tarirent et se renverser, les déficits budgétaires, exploser, les envois d'argents des émigrés, baisser.
Christine Lagarde trouve l'argument massue  : "Une fois qu'on a fini de déstocker, il y moment où il faut recommencer à produire et je crois, dans ce contexte là, que 2010 sera une année de redémarrage de l'activité économique."
Les (nombreuses) firmes qui déposent le bilan, n'ont pas besoin de refaire des stocks.

"L"

Romanl01 Pour Wolgang Münchau, la crise sera en "L", mais le plus effrayant n'est pas la chute, c'est le plat.
Retour à la moyenne.
Les déficits de balances des paiements cessent, mais cessent aussi leurs corollaires : les massifs excédents, Chinois, Nippons, Allemands.
Faute d'une main ferme qui réorganise les finances, on arrive à l'atonie.
Les pitreries antiprotectionnisme butent sur la réalité : les échanges se rétractent.
La Dé-Mondialisation est commencée.
Bien entendu, le syndrome japonais guette le secteur immobilier : une baisse sans fin, avec une valeur d'arrivée, faible.

Images ...est il n'est pas triste.
Il confirme la tendance engagée.
Si l'indice des prix n'a que légèrement reculé, le chiffre des transactions est en voie d'effondrement.
Celles-ci, dont le nombre total semblait ne pas devoir dépasser l'indice 1.2  en période faste a presque atteint les 1.6, pour retomber cette année à 1.2.
Mais, c'est la forme de la courbe qui est le plus intéressante, c'est quasiment un à-pic.
Pour les périodes moins propices, le minimum des minimum, c'était 0.8 indice de transactions, mais 0.8, c'était déjà un creux exceptionnel en période de crise profonde : 1995.
Pour ce qui est de la France, globalement, on voit les trois marchés : celui de Paris, qui augmente et se maintient jusqu'à récemment, l'IDF, qui plafonne plus vite, mais se maintenait encore, et le reste du pays où le retournement est acté depuis longtemps, c'est à dire deux ans, et dont la chute ne peut plus être discuté.

Jubol L'Espagne s'enfonce dans la crise, le taux de chômage augmente de 50 % en un an, la production automobile a décroché de 54 %, la production industrielle de 20 %, et les "bonnes nouvelles", n'en sont pas :
la réduction du déficit extérieur (à moins 7 milliards) est causée par une rétractation plus importante des importations (- 16.5 %), sans rebond des exportations (en déclin à - 7.5 %).
La bonne santé de l'endettement public dont on se gargarise est surréaliste : le rebond du chômage balaie tout en un clin d'oeil, quand au secteur bancaire, en "bonne santé", il n'existe que par la bonne volonté de la BCE : les banques espagnoles continuent à titriser, uniquement avec elle pour client...
D'ailleurs, comme dans le cas de la Grande-Bretagne, la rétractation des ventes automobiles est telle, que certains constructeurs envisagent la fermeture pure et simple d'usines.